Echanges (Page 1)

Lettre à une jeune fille


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Q : Ma vie est ordinaire. J'observe parfois avec douceur la bataille que livrent les gens avec eux-mêmes pour ne pas avoir à affronter le vide qui les habite, qui les hante sûrement, pour cristalliser encore davantage cet ego. J'ai beaucoup de douleur de devoir me débattre et de voir aussi l'autre dans ses efforts pour exister. La compassion ne peut que surgir de cette compréhension… Mais tout tire vers le bas dans cette existence matérielle, tout est fait pour ne pas avoir de contact profond avec notre vraie nature.

R : Pourquoi dites-vous que vous avez une existence ordinaire ? Personne n'a d'existence ordinaire. Mais nombreux sont ceux qui la vivent de façon terne, morne, incapables de voir sa grandeur, sa magie dans chaque petite chose offerte au regard. En son essence, la vie est magnifique et demande à être vécue pleinement, intensément, accueillant tout, chagrins et joies, avec le même amour pour elle. Nous sommes tous des chercheurs spirituels, en quête du sens de notre existence. Nous sommes tous ici pour vivre ce que la vie nous propose, dans le sens d'une expansion de la conscience.
Lorsque nous souffrons de notre regard posé sur le monde, sur ceux qui nous entourent, c'est toujours ce même jeu du mental que nous mettons en oeuvre. Nous percevons tout à travers son filtre.
A l'arrière-plan des jeux dérisoires des ego, il y a la conscience, immuable.
Connaître sa réalité permet de laisser se dévoiler une grande paix, au sein de notre existence quotidienne.
Les évènements sont alors vécus avec sérénité, les choses sont accueillies telles qu'elles nous arrivent, les autres sont vus tels qu'ils sont en réalité, des chercheurs de l'espace de lumière, semblables à nous... Notre cœur s'ouvre...
Nous sommes tous capables de ne pas nous laisser prendre dans les pièges de l'argent, du pouvoir, de la compétitivité, que nous tend une société égarée. Nous sommes tous capables de vivre notre vie quotidienne en pleine conscience de sa vraie réalité, lumineuse, libre.


Q : Je me sens « coincé » dans mes relations, les personnes qui m'entourent disent non à mon évolution. Je pensais que l'extérieur s'ajusterait sur l'intérieur, que les vieux schémas ne se reproduiraient plus, mais ce que me donne à vivre mon entourage est un retour en arrière. Pourquoi avoir à revivre ces difficultés ?

R : Notre mental est composé seulement de passé. C'est pour cela que nos pensées sont répétitives, conformistes, jamais neuves, que nous avons l'impression d'être chargés de toutes les difficultés anciennes. Le retour à toutes les lourdeurs et complications passées se fait tant que le mental n'est pas assez mûr pour comprendre que toutes les manifestations de la vie émanent d'une même source, tant qu'il fait des va et vient entre le repos dans l'espace indifférencié et la fixation sur l'aspect objectif des êtres et des choses. Tant que nous sommes dans cet aspect duel, nous souffrons. Nous sommes pétris de réflexes mentaux et émotionnels qui nous égarent, nous éloignent de notre centre. Ce qui importe, c'est la vision claire, tout doit être vu comme étant l'expression multiple d'une source unique.
« Ce n'est pas le mental qui doit s'ajuster », a dit Jean Klein, « mais ce que je suis véritablement qui doit absorber le mental. » C'est à la portée de chacun de nous.
Ne cherchez plus avec votre mental, le neuf ne peut surgir que de la conscience pure et vide. Vous allez vous apaiser, patience, le temps importe peu.


Q : J'accumule les difficultés comme d'autres accumulent les succès. Le quotidien est devenu une épreuve. Je veux juste être rassuré, comprendre… Si en ce moment, tout dit non, c'est que la conscience en effet est redescendue au niveau du mental. J'ai pensé un moment avoir basculé enfin dans la conscience, mais l'ancrage nécessaire est revenu à la charge, au raz des pâquerettes, en se chargeant de me montrer que rien n'était acquis !

R : C'est lorsque nous croyons être dans une impasse que nous nous transformons le plus. Cette traversée peut vous sembler décevante, lourde, mais c'est parce que l'activité mentale se lasse, se vide de sa complexité. Elle devient plus limpide et cette absence de fixations mentales est prise pour une désolation aride.
Notre quotidien est une épreuve par rapport à des souvenirs conservés par le cerveau qui les classe en plaisir/souffrance. De là viennent tous les problèmes. Chacun de nous est au sein de l'Absolu. Tout est parfait : le fait que vous soyez tel que vous êtes, dans cet environnement-là, que tel évènement vous arrive… Nous avons tout à accueillir, à ouvrir notre espace le plus largement possible pour tout faire sien de la vie. La vie est une, il n'y a pas un quotidien matériel pénible et un ailleurs spirituel magnifique. Il faut vivre tout ce qui nous est proposé sans nous y accrocher, sans permettre à la pensée de nous faire croire que tel sentiment de bien-être, que tel aperçu merveilleux, est définitif… Vous ne pouvez « penser » avoir basculé dans la conscience… la conscience n'est pas objectivable, nous ne pouvons y « basculer », nous y sommes déjà, de toute éternité… Soyons vides, vides comme la Source d'où tout émerge et où tout retourne.


Q : Dans le quotidien, j'ai parfois du mal à suivre une conversation, à trouver cette fraîcheur et cette spontanéité qui apparaît lorsque le mental n'intervient pas, et puis, sans trop savoir ce qui se passe, quelque chose lâche et un nouveau mode de fonctionnement se met en place, une bascule de l'esprit, quelque chose de doux, de subtil prend le relais, un espace dans lequel aucun problème n'existe … Que cette vie est douloureuse autant que merveilleuse, que cette dualité est dure à affronter…

R : Certaines conversations sont du gaspillage d'énergie produit par des ego qui cherchent à s'imposer… Lorsque quelque chose de doux se met en place, « un espace dans lequel aucun problème n'existe » dites-vous, vous êtes le témoin qui observe tout ce qui apparaît et disparaît, les pensées, les émotions, les autres, le monde… Vous ne vous sentez plus séparé.
Qui observe ? C'est le flux ininterrompu à l'intérieur de vous, votre conscience immuable. Au sein de cet espace-conscience, la souffrance n'existe pas car il n'y a pas de dualité. Vous vous sentez en paix car la nature de cet espace est paix. C'est la conscience en vous qui observe et c'est sa douceur, sa subtilité, que vous ressentez dés que vous n'êtes plus enfermé dans la pensée. C'est vous-même, dans votre pureté et votre lumière.


Q : Avez-vous recherché l'éveil ou celui-ci est-il venu spontanément ?

R : L'ouverture totale de la conscience, son union subite avec le grand Tout, c'est cela qu'on appelle l'éveil. Il ne peut être que spontané. Puis vient l'accomplissement, l'établissement au sein de cette conscience grand ouverte, de son espace qui est silence, l'intégration de tout notre être existentiel dans sa véritable nature, qui peut avoir besoin de se déployer dans le temps.
Qui cherche ? Ce ne peut être que l'ego, avec son instrument, le mental, et le risque est qu'ils se renforcent tous les deux dans cette quête spirituelle. Ce ne sera jamais eux qui nous feront accéder à une réalité qui les dépasse… Si l'on veut parler de quête, la seule qui vaille est celle où l'ego se lasse et s'use peu à peu…
La réponse vient justement au moment où toute quête est abandonnée car il n'y a plus personne pour la poursuivre, lorsque toutes les questions, avec leurs doutes, cessent. Il s'agit d'être prêt, mais sans attendre, d'être pleinement présent à la vie à chaque instant.
Ce n'est pas nous qui décidons du moment de ce ravissement de la conscience en elle-même – qui nous ? Il n'y a rien à faire. « L'éveil » viendra de lui-même, soyez-en sûr, car vous aurez habitué votre conscience à reconnaître la lumière, sa propre essence, lorsqu'elle se lèvera.


Q : Je comprends l'éveil intellectuellement, mais je n'arrive pas à lâcher prise, à devenir juste un espace d'accueil. J'ai eu des expériences de lumière, mais ça reste des expériences psychiques, résultats d'efforts dans ma pratique du yoga et de la méditation.

R : Il n'y a pas d'efforts à faire pour être ce que nous sommes de toute éternité. L'effort est uniquement mental, et l'esprit ne pourra jamais découvrir ce qui est infiniment plus vaste que lui. La méditation est seulement utile pour observer le processus des pensées qui viennent et notre attachement à celles-ci. Il est naturel que les pensées surgissent, c'est une forme d'énergie, dont l'origine est pure. Le problème vient lorsque le moi s'en saisit et les retient pour se renforcer, se donner l'illusion qu'il existe. Nous devons arriver à les laisser s'en aller aussi facilement qu'elles ont surgi, sans effort particulier de notre part. Ainsi l'espace de silence au plus profond de nous n'est plus encombré. Nous sommes accueil, juste présence à ce qui est. Dans la paix et la joie, qui constituent cet espace lumineux qui est notre véritable nature.
Demeurez en conscience dans cet espace, qui englobe le mental. Absorbez-vous au sein de son silence, quoi que vous fassiez au quotidien. La paix est notre véritable essence, celle de la conscience. Il n'y a pas d'effort à faire pour y accéder. La notion d'éveil ne concerne que l'ego.
Dans la Réalité, il n'y a pas d'éveil.
Nous sommes de toute éternité au sein de la lumière, de l'énergie d'amour, tous ensemble. Nous sommes cette énergie de vie, nous sommes la Vie. Personne ne sort du Tout.


Q : La Vie, avec beaucoup de tendresse, beaucoup d'amour, me pousse doucement vers le bord du précipice. Depuis quelques temps, elle offre à ma conscience des instants où je perçois le rêve qu'est ma vie. Cela provoque une grande peur chez moi, même si je sens, au fond de mon coeur, cet amour immense qui m'invite à faire encore un pas, celui qui me fera basculer, mourir à moi-même et tomber dans les bras de la Vie.

R : Vous n'êtes pas au bord du précipice, mais sur le point de retrouver votre vraie demeure, de rentrer chez vous. La vie vous y mène, comme vous le dites si justement, avec amour, dans l'amour. La peur est une pensée et montre que le mental est toujours actif, prétend encore garder les rênes de votre existence en s'accrochant au connu. Or "l'inconnu" n'est pas inconnu, c'est juste un oubli de ce qui est le plus proche de nous, car nous oublions si facilement ce qui ne nous quitte jamais.... entraînés sans cesse à l'extérieur par un mental à la poursuite d'objets, fasciné par toutes sortes de distractions.
La première chose est de ramener cet esprit à sa source, de l'intérioriser à chaque fois qu'il tend à poursuivre des désirs. Ce repos est une condition essentielle. Dans ce repos, le moi s'effacera de lui-même, naturellement. C'est cela, la préparation : cette attention vigilante.
En ce sens, il n'y a pas de chemin, de distance pour atteindre un but, créé forcément par le mental, mais une conscience de chaque instant, une présence à la vie. Dans cette présence, se trouve l'amour, et donc la confiance, car la confiance est l'amour manifesté. Soyez sans attente de quoi que ce soit. La vie se vit à travers vous à chaque instant, perpétuellement jaillissante, sans attente. Elle vous attire de l'intérieur, pour retrouver sa source. C'est cette puissante et tendre aspiration, comme un aimant, que vous ressentez....
Laissez-vous faire. La Vie est Amour....


Q : Si l'on peut tenter de s'éveiller à sa véritable nature, il n'en demeure pas moins que les tendances habituelles sont lourdes, que la personnalité même fait obstacle au courant de la vie. Les vicissitudes de l'existence, les relations humaines, les difficultés économiques, les vieux schémas de fonctionnement, que de découragement… La question est de savoir s'il y a d'autre chose à faire que d'être ce témoin qui observe en arrière. D'actualiser cela d'instant en instant, sans rien rechercher, sans rien espérer, cela mène t-il à l'éveil ?

R : La Grâce est Liberté…
Nous vivons dans deux dimensions à la fois, mais notre identification à notre corps, par l'intermédiaire de notre mental et de nos sens, ne nous fait percevoir que le monde relatif. Nous avons chacun, bien sûr, notre destinée terrestre avec son lot de joies et de peines. La clé est de vivre en conscience cette destinée, avec ses vicissitudes, en creusant à chaque fois un peu plus en nous. Chaque expérience nous est proposée en fonction de ce que nous pouvons recevoir, toujours dans le sens d'un épanouissement de la conscience. Il n'y a pas d'autre chose à faire que d'observer à la façon d'un témoin, sans jugement, sans saisie ni rejet. Le témoin, c'est notre conscience profonde, celle qui n'est pas sans cesse conscience de quelque chose, mais qui est vide et immuable.
Cette vie en conscience nous permet d'ajuster notre comportement et nos actions à cette dimension que nous percevons de mieux en mieux, de modifier aussi notre environnement s'il ne nous semble plus adapté. Cela demande du courage, mais sur ce chemin exigeant, la faiblesse n'est pas admise.
La pratique qui est de regarder la vie d'instant en instant, de s'ajuster à son courant à chaque seconde, est la seule que je connaisse. Nous vivons ainsi en harmonie avec ce qui se présente, sans rien bloquer ni projeter, agissant seulement lorsque l'évènement ou la situation le demande, toujours en ayant conscience du témoin à l'arrière-plan. Nous voyons ainsi de mieux en mieux comme les choses arrivent d'elles-mêmes et se résolvent d'elles-mêmes, au sein de ce monde relatif, impermanent et interdépendant.
Cette destinée terrestre, loin de nous arrêter ou de nous égarer, doit être perçue comme le moyen de nous faire prendre conscience de la nature véritable de notre être. Nous devons être capable de voir la vie, non pas seulement dans sa dimension relative, mais aussi du point de vue de l'absolu. La vie est une. S'éveiller, c'est simplement s'en souvenir à nouveau.


Q : Je vois mes propres limites, mes manques, mes blocages, d'une manière accrue et que cela est difficile à accepter parfois !

R : Ne voyez pas vos limites, car c'est justement là l'obstacle. Les limites ne sont que mentales. C'est l'esprit qui observe l'esprit. Les formations mentales sont de l'énergie, pure à sa source. Regardez la source : c'est la conscience, l'intelligence de la vie à l'œuvre à travers nous. Laissez-vous couler dans ce flux, ce mouvement fluide. Allégez-vous, allégez votre environnement. Et vous vivrez dans la paix, la conscience ouverte.

Q : J'aurais tant voulu vous dire que tout va bien, que la vie coule paisiblement, dans l'harmonie. Je suis retombé dans les vieilles ornières, les vieux démons reviennent à la surface et la souffrance est au rendez-vous, aiguë et tenace. En fait, je pense avoir une décision importante à prendre, mais je n'arrive pas à choisir.

R : Essayez de suspendre les pensées désordonnées afin de percevoir à l'intérieur de vous l'espace silencieux et vide. Sans ce vide, l'intelligence de l'énergie ne peut œuvrer en nous, à travers les évènements de notre parcours. Le mental vient sans cesse mettre une distance et nous ne sommes plus en contact direct avec le flux de la vie. Il faut arriver à ressentir la spontanéité de l'instant, sa liberté et sa paix. Cet espace à l'intérieur de soi est le lieu où tout se déroule. Etre en accord avec le mouvement universel, c'est ne rien précipiter, ne rien anticiper, laisser l'énergie se déployer et s'y relier en conscience. Afin de ne pas bloquer mentalement cette énergie, il faut savoir mourir à chaque chose. La vie ne peut être qu'en se renouvelant. Vous devez intégrer ce mouvement, être prêt à mourir à chaque expérience proposée, à votre histoire personnelle. C'est notre désir de permanence qui nous fait tant souffrir. Notre esprit veut donner une continuité à toute chose. Vivre, c'est se tenir dans ce vide, si fécond. Il vous donnera tout. C'est aussi pouvoir supporter la nuit, la désolation qui nous est parfois proposée.
Regardez simplement, sans motif, ce qui est, avec une attention qui vient de ce vide, et vous agirez spontanément, de la façon la plus juste possible. Votre action découlera de votre vision globale de la vie, et non d'un aspect de celle-ci (notre esprit fragmente tout). Tout sera alors clair. Vous ne vous interrogerez plus sur ce qui doit être fait ou non. La décision appropriée s'imposera d'elle-même. Elle ne découle jamais d'un choix. Nous choisissons lorsque notre esprit est confus. Ressentez le mouvement harmonieux de la vie qui vous porte et reliez-vous y en conscience.


Q : Peut-on changer sa vie radicalement ? Comment sortir de la lourdeur ?

R : En sortant du conditionnement mental. Le mental est « incompétent » pour apporter une vision globale de la vie. Il établit des séparations, porte des jugements. C'est cette dualité créée par lui qui nous fait considérer notre existence comme lourde, compliquée. Nous souffrons tant que nous restons dans sa réalité duelle. La vie, elle, est une ! Les graines d'épanouissement se trouvent dans le geste que nous considérons comme banal, dans la situation la plus anodine autant qu'au sein d'une expérience que nous prenons pour exceptionnelle.
Ne cherchez surtout pas à changer votre vie, car c'est encore le mental, donc l'ego, qui mène le jeu dans ce vouloir. Sentez l'énergie qui circule librement à travers vous dés qu'il n'y a plus de blocages mentaux. Cette énergie est libre. Pour la laisser nous traverser, nous devons nous déconditionner de nos réflexes mentaux. C'est ce courant profond qui vous ouvrira une nouvelle dimension de la vie. Ajustez-vous à ce courant seconde après seconde. Vivez ainsi en harmonie avec ce qui se présente, même si c'est une peine, une maladie. Agissez seulement lorsque l'évènement ou la situation le demande.
Tout prendra sens, car l'intelligence de l'énergie vous donnera ce qui est bon pour vous. Abandonnez-vous en confiance, c'est la seule « pratique » que je connaisse…



Q : Ma recherche est récente, mais avide, j'étais un cartésien convaincu, je suis devenu un heureux découvreur, et c'est à des personnes comme vous que je le dois, je vous en remercie très chaleureusement.

R : C'est parce que vous êtes réceptif que vous pouvez entendre cette voix. La vraie écoute est réceptivité, accueil. Et cette voix vient de votre propre centre, de votre coeur. Le centre est comme un aimant qui nous attire de l'intérieur...
La Réalité est toujours là, en nous, et attend d'être redécouverte. Mais nous l'oublions, parce que nous oublions facilement ce qui est le plus prés de nous, qui ne nous quitte jamais...
Puis vient un moment, quand le mental, qui cherche toujours à l'extérieur, s'est mis en repos, quand "le fruit est mûr", où nous redécouvrons qui nous sommes véritablement.
Alors, quelle joie de voir que nous sommes déjà ce que nous cherchions tant à devenir !


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